LE RIBAT DE MOULAY ABDELLAH (TIT)
Tit l'ancienne
Les monuments découverts dans la région de Tit sont un témoignage notoire du degré d'urbanisation et de peuplement qu'a connu cette localité depuis des ères anciennes. D'ailleurs, des recherches en sciences toponymiques ont montré que le port dénommé routoubis dans les littératures anciennes, se trouvait dans le même lieu que Tit, ce qui témoigne encore une fois de l'ancienneté de cette ville marocaine.
Tit dans l'histoire islamique
Après l'installation de l'Islam au Maroc, les familles royales qui se sont succédées ainsi que les habitants qui ont demeuré à routoubis ont bâti leurs constructions nouvelles à côté des constructions anciennes, et des fois sur les décombres de celles-ci. L'urbanisation nouvelle a commencé à porter un autre nom dans les références arabes et islamiques, notamment celui de Titnefetr, abrégé en tit.
Titnefetr est un vocable berbère, à l'instar des noms des localités marocaines, composé de "tit" signifiant "source", de "n" pour l'adjonction et "fitr" signifiant nourriture. Celle-ci s'est arabisée à son tour et a pris le nom de Ain Fitr. On rapporte que l'origine de cette appellation revient à l'existence d'une source où le cheikh Ismaïl Ibn Saïd, surnommé Ibn Amghar, fut le premier des Amgharéens à y faire ses ablutions et à y boire de l'eau. Après cela, le lieu fut surnommé titnefetr.
La localité du Tit l‘Amgharéenne
La première installation de titnefetr l‘Amghréenne est donc liée au cheïkh Ismaïl Ibn Saïd l'ancêtre des Amgharéens eu égard au fait qu'il est considéré comme le premier à s'installer dans la région.
De même, selon Abdeladim El Azemouri, la région ne connaissait pas de constructions tant elle était sauvage et cachée par la verdure. Cependant, la région ne demeura pas inconnue car la sédentarisation du cheikh Ismaïl El Amghari, a suscité l'intérêt de la tribu voisine du lieu qui profitait également de ses ressources verdoyantes et maritimes. La tribu en question, dont le cheikh était Ibn Batan contemporain du cheikh Al Amghari, est supposée une descendante des Senhaja. Les Senhaja de Titnefetr ont accordé une grande estime au cheikh Al Amghari en vertu des grandes qualités que possédait l'invité Amgharéen, notamment celles de piété, de méditation, d’érudition et de volonté d'instruire les gens. Ils étaient aussi émerveillés par ses karamates et ses actes extraordinaires.
La relation entre les deux parties s'est tellement intensifiée qu'un mariage a eu lieu unissant l'une des filles de la tribu au cheikh Ismaïl. Un enfant naquit auquel fut donné le nom d'Ishaq qui suivit la même voie de piété que son père. Il fut également l'un des grands saints de son époque. Ce fut donc le commencement de la famille Amgharéenne avec à sa tête, le cheikh Ismaïl Ibn Amghar, et ce avant l'avénement des Morabitines (au début du 5ème siècle de l'Hégire).
D'ailleurs l'une des premières constructions sur place fut la maison du cheikh El Amghari et de ses proches. C'est ce qu'on peut appeler aussi le premier Ribat Amgharéen. Il est rapporté aussi que le cheikh Ismaïl mourut dans cette localité et y fut enterré.
LE MOUSSEM
Le moussem de Moulay Abdellah Amghar, est célébré depuis des centaines d'années par les tribus des Doukkala à la mémoire du saint «Moulay Abdellah Amghar» au Ribat de Tit (8 km au sud d'El Jadida), est notoirement considéré comme étant l'une des manifestations religieuses et culturelles les plus attrayantes et les plus riches du Royaume du Maroc.
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